Saxitonine

31 août 2009
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La saxitoxine fait partie d’un groupe de toxines produites par des microalgues. La saxitoxine est potentiellement utilisable dans un but de malveillance pour contaminer l’eau de distribution ou certains aliments ou boissons. Il n’y a pas de contagion inter-humaine. En l’absence de traitement, le décès peut survenir.

Agent pathogène
La saxitoxine est une toxine produite par une dinoflagellée (microalgue) appelée Gonyaulax tamarensis dans l’est du continent américain, et Gonyaulax catanella dans l’Ouest.

Description de la maladie
Il s’agit d’une maladie appelée intoxication paralysante, car la toxine inhibe la transmission neuromusculaire par blocage d’échange cellulaire de sodium. Les premiers signes apparaissent dans les 20 à 30 minutes suivant l’ingestion de la toxine, mais peuvent être retardés jusqu’à 3 heures. Plus le délai d’incubation est court, plus l’intoxication est grave.

  • Classiquement, on décrit 3 formes :
    • forme légère : engourdissement et paresthésies des lèvres et de la langue, de la face et du cou, s’étendant aux extrémités ; vertiges, céphalées ;
    • forme modérée : difficultés d’élocution, engourdissement des extrémités, incoordination motrice, faiblesse musculaire, sensation « de flotter dans l’air », tachycardie, dyspnée ;
    • forme grave : paralysie musculaire, difficultés respiratoires qui peut s’installer dans les 3 à 8 heures provoquant le décès si le sujet n’est pas traité.
      La conscience est rarement altérée. Les signes digestifs à type de nausées, vomissements et diarrhées sont rares.

Examens complémentaires
Le diagnostic est basé sur l’anamnèse et sur l’apparition du syndrome neurologique, en l’absence de possibilité de confirmation sur des prélèvements biologiques.
Le diagnostic d’intoxication à la saxitoxine sur des critères cliniques n’est pas spécifique. Pour proposer une définition de cas, il est nécessaire d’inclure des critères de plausibilité de l’exposition. Il n’y a pas de confirmation biologique possible.

Modes de contamination
La toxine se présente sous la forme d’une poudre blanche, thermostable, se décomposant rapidement en milieu alcalin. Elle est très soluble dans l’eau, insipide et sans odeur. Elle peut être utilisée par dispersion dans un réseau d’eau potable, un aliment ou une boisson. La dose mortelle estimée chez l’adulte est de l’ordre de 0,3-1 mg. Il n’existe aucune donnée chez l’enfant.
A ce jour, aucun cas d’intoxication n’a été rapporté chez l’homme par voie cutanée ou inhalation.

Mesures de santé publique

  • Pas de nécessité de décontamination. La cuisson ne détruit pas la toxine.
  • Déclaration précoce aux autorités sanitaires.

Prise en charge des personnes exposées
Le traitement est essentiellement symptomatique : maintien des fonctions vitales, respiration assistée si nécessaire. L’administration de charbon activé, dont l’efficacité n’a pas été prouvée dans cette intoxication, doit être limitée aux sujets exposés asymptomatiques et administré le plus précocement possible (dans les 8 à 12 heures suivant l’ingestion).

Pour en savoir plus :
Guide d’investigation épidémiologique sur le site de l’Institut de veille sanitaire

Source :
Direction générale de la santé et Institut de veille sanitaire
Rédaction : Avril 2005
Actualisation : Octobre 2010

Mots-clés

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