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Le tableau clinique de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (à partir de l’expérience ardennaise portant sur plus de 200 cas)
La période d’incubation de la maladie est d’une semaine à deux mois.
Le tableau typique de la FHSR associe un syndrome grippal avec des algies sévères (lombalgies, céphalées), des troubles de l’accommodation (40% si l’interrogatoire les recherche avec soin) avec, sur le plan biologique, une thrombopénie constante dans la première semaine, une protéinurie massive et fréquente, survenant chez une personne habitant dans un foyer connu de FHSR. Le diagnostic n’est pas toujours aussi simple, car le syndrome grippal peut manquer, le syndrome algique peut être prédominant et faire évoquer une colique néphrétique, une urgence abdominale ou cardiaque.
L’atteinte rénale se manifeste par une oligurie, une protéinurie, une hématurie microscopique. Secondairement s’installe une insuffisance rénale dans près de la moitié des cas. L’échographie note des gros reins hyperréflectifs avec parfois un épanchement périrénal. L’évolution est classiquement favorable avec l’apparition d’une polyurie. Quelques patients seulement sont dialysés.
Les signes hémorragiques sont très discrets mais les épistaxis peuvent être retrouvées jusque dans 22% des cas, une hémoptysie et une hématurie macroscopique ont été notées lors de l’épidémie de 1996.
L’atteinte respiratoire, depuis qu’elle est recherchée, suite à l’épidémie américaine, est fréquente puisque, sur une étude de 124 dossiers, la radiographie pulmonaire retrouvait un aspect de pneumopathie atypique dans 17% des cas, des lésions d’œdème pulmonaire dans 33% des cas, une radiographie strictement normale dans 50% des cas. La radiographie d’entrée, qui peut être normale, doit être répétée ultérieurement. Deux patients ont été hospitalisés pour un épisode dyspnéique aigu en rapport avec la FHSR. Une gêne pharyngée est, par ailleurs, retrouvée dans 20% des cas.
Au niveau cardiaque, on retrouve l’absence de tachycardie lors de poussées fébriles, une bradycardie sinusale asymptomatique retardée, quelques épanchements péricardiques très minimes. Sur plus de 100 études échographiques, aucune myocardite n’a été observée.
Au niveau neurologique, on retrouve des céphalées très fréquentes, très rarement un syndrome méningé. Les autres symptômes notés (syndrome vertigineux, confusion, syndrome extrapyramidal) sont d’interprétation plus délicate chez le sujet âgé. Lorsqu’elle est réalisée, la ponction lombaire est normale ou montre une discrète protéinorachie, et exceptionnellement une réaction cellulaire.
Les troubles digestifs (douleurs épigastriques, nausées) sont peu spécifiques, les patients ayant souvent pris des antibiotiques et des antipyrétiques. La fibroscopie gastrique retrouve un aspect congestif antral et des pétéchies. Au niveau hépatique, une cytolyse modérée est fréquemment retrouvée (42%). Lorsqu’elle est majeure, le diagnostic différentiel avec une hépatite virale se pose.
D’autres symptômes peuvent être notés : œdème du visage, polyarthralgies, polyadénopathies, éruption maculo-papuleuse, myalgies isolées.
Evolution : dans l’expérience du service de médecine interne du centre hospitalier de Charleville-Mézières, aucun décès n’est à déplorer mais deux chocs hypovolémiques sévères ont été constatés. L’évolution n’est cependant pas toujours totalement résolutive puisqu’un patient ayant présenté un Guillain Barré (apparu 15 jours après la survenue d’une FHSR typique) garde de petites séquelles. Chez un patient ayant fait une insuffisance rénale sévère avec choc, la survenue d’une insuffisance hypophysaire a été observée, rapidement régressive en ce qui concerne l’ante-hypophyse, persistante pour la post-hypophyse. Enfin, chez un autre patient, une insuffisance rénale chronique est à déplorer.
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