Toxine diphtérique

31 août 2009
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En cas d’utilisation des toxines diphtériques comme armes biologiques, la contamination se ferait par aérosolisation. La diphtérie est une maladie hautement contagieuse, qui se transmet d’homme à homme, et qui peut être fatale. En France, la vaccination est obligatoire pour tous les enfants et les professionnels de santé.

Agent pathogène
La toxine diphtérique est sécrétée par Corynebacterium diphtheriae, bacille à Gram positif (bacille de Klebs-Löffler), propre à l’espèce humaine. Au microscope, son groupement en paquets d’allumettes est évocateur.

Description de la maladie
La toxine diphtérique est responsable d’une toxi-infection, la diphtérie. Après une période d’incubation courte (1-4 jours), la maladie apparaît classiquement sous la forme d’une angine à fausse membrane. Puis une atteinte cardiaque ou des troubles neurologiques (paralysies bulbaires), une polynévrite, un état de choc, une détresse respiratoire aiguë, (par pneumopathie et/ou fausses membranes extensives du larynx) peuvent se constituer. Les syndromes les plus graves s’observent chez les sujets non vaccinés.

Examens complémentaires
Au moindre doute, le diagnostic impose un prélèvement de gorge (à la périphérie de la fausse membrane sur écouvillon sec) ; ce prélèvement doit être envoyé immédiatement au laboratoire (préalablement averti) pour un examen direct en urgence à la recherche de corynæbactéries puis mise en culture spéciale. La culture et la mise en évidence de la toxine confirment le diagnostic.

Modes de contamination
Par aérosol
Transmission inter-humaine forte : la diffusion du germe se fait à partir des malades et des porteurs sains (portage possible pendant plusieurs semaines ou mois). Le bacille est habituellement localisé au niveau des voies aériennes supérieures et la transmission se fait sur un mode direct par les gouttelettes de Pflüge émises en parlant, toussant ou éternuant.

Mesures de santé publique

  • Eviter la propagation inter-humaine (voir mesures concernant les sujets contacts)
  • Alerte DDASS, CIRE, InVS pour investigation

Prise en charge des personnes exposées
L’antibiothérapie éradique rapidement le foyer bactérien (durée variable selon les antibiotiques), mais aucun traitement n’étant efficace à 100 %, il est nécessaire de s’assurer de la négativité de 2 prélèvements de gorge à 24h d’intervalle après la fin de l’antibiothérapie avant de lever l’isolement.

Traitement précoce des personnes symptomatiques

  • Sérothérapie antidiphtérique en urgence, sur les données de l’examen direct.
  • Antibiothérapie en urgence.
  • Isolement et repos au lit, traitement symptomatique
  • Signalement et notification obligatoires.
  • Vaccination en période de convalescence.

Mesures concernant les contacts

  • Identification des contacts.
  • Surveillance et investigation microbiologique : l’objectif est d’identifier les porteurs. asymptomatiques, dont les contacts sont eux mêmes considérés comme à risque
  • Antibioprophylaxie pour tous les contacts proches afin d’interrompre la chaîne de transmission quel que soit leur statut vaccinal.
  • Vaccination (au moins une dose pour tous, sauf vaccination documentée dans l’année précédente, à compléter ensuite).
Pour en savoir plus :
Guide d’investigation épidémiologique sur le site de l’Institut de veille sanitaire
Bulletin épidémiologique hebdomadaire – 1998

Sources : Direction générale de la santé et Institut de veille sanitaire
Rédaction : Avril 2005
Actualisation : Octobre 2010

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